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Première itinérance hivernale à ski de fond en corporéité.

Jour 1
Voilà 5 ans que je planifie cet itinéraire qui m’anime. Hiver sans neige, temps à disposition non compatible avec la météo, conditions incroyables or je n’arrive pas à ma libérer. Aujourd’hui la neige est là, tous les témoins sont au vert sur les site neuchâtelois, vaudois et français. J’ai 4 jours devant moi et le temps devrait être confortable!
Planifier les deux logements, le déplacement en train et organiser le matériel dans un sac à dos, ne fut pas si simple!
Me voilà à Nyon, un petit stress se fait sentir, ai-je tout? Cela va-t-il glisser? Et quelle météo ? Mon sac est un peu lourd avec 3 jours de pique-nique et en-cas pour les journées, 1,5 litres de boisson, des habits de rechange, une mini pharmacie. Comme c’est mon premier test, j’adapterai les prochaines fois.
Depuis le train je ne vois pas le jura il est dans le brouillard...
Voilà, j’arrive à La Cure, point de départ des 163 km à ski de fond, dont 45 pour aujourd’hui. Afin de me retrouver en lien avec moi-même et l’environnement, je mets mon téléphone sur mode avion. Il me sert pour écrire mes sensations et prendre des photos.
Je me prépare et je me lance en itinérance avec les premiers pas. Que cela monte, j’avais oublié! Dès lors que cela est plat ou en pente douce je fais du pas de un ou de deux et je jubile. Mes skis glissent bien. Je m’hydrate souvent mais chaque montée est rude voire décourageante. Je n’ai pas travaillé cet aspect là de l’itinérance. Alors mon énergie est reboostée lorsque j’effectue du pas de un en toute décontraction et en équilibre.
Au Marchairuz je suis à bout et il va y avoir une énorme montée. Je doute suis-je assez entraîné? Je me traîne dans ces faux-plats montants. Une pause repas bienvenue et je profite pour réajuster mon packing dorsal que je ne sens presque plus! À l’altitude la plus élevée 1514m je suis aux anges j’ai réussi à y arriver. Quelle performance à 63 ans, cette longue montée de 4km.
Je poursuis avec un fondeur pendant 1km ensuite je me retrouve seul sur des plats et des descentes, j’adore c’est grisant. Juste avant le Mollendruz le brouillard revient et la piste glisse moins. 40km en 5h avec les pauses tu peux être fier Serge!
Les derniers 5km en freeride et marche pour arriver au bord du magnifique lac de Joux en partie gelé. Quelle superbe journée.


itinerance frontiere

Mes émotions et sensations après ce jour 1
Fier d’être arrivé au Pont ce premier jour.
Joie de redécouvrir ce parcours sur les flans du Mont Tendre.
Heureux de mettre mes skis à plat et sentir cette sensation de glisse.
Intensité, car les montées sont éprouvantes et récompensées par les plats et descentes qui suivent.
Aboutissement d’un projet initié il y a 5 ans et enfin réalisé.
Doute et revalorisation, entre ma musculature qui n’arrive plus à me porter dans les montées, et ma technique du skating qui me permet de glisser en légèreté au plat et à la descente, voire de faibles montées

Jour 2
Départ à pied des Charbonnières, faute de neige puis montée à ski de fond au refuge du Poteau. Dans la partie non tracée vers le domaine de Métabief depuis le Poteau. Descente sympa dans la nature et grisante alternant neige fraiche et ancienne traces. Marche plaisante avec ski sur le sac pour arriver au lieu dit «La Frontière» avec le brouillard qui envahit le versant suisse alors que le soleil illumine le côté français. Ce fut un lien incommensurable entre l’environnement et moi, je suis seul, j’erre à vue dans la forêt du Risoux, agréable et accueillante. Bonheur!
Je me retrouve sur les pistes françaises fraîchement damées, c’est magnifique. Par contre les pistes du bas à Métabief ne sont vraiment pas bonnes, car je n’y ai pas eu de plaisir. Je perds du temps, je cherche un bus un taxi, je trouve rien, j’ai presque perdu une heure et je perds espoir d’arriver ce soir aux Verrières...
Je pars vers les Hôpitaux-Vieux, il me reste 25km, comment va être la neige. Je poursuis et les pistes ont été faites le matin. Chaque fois que je suis dans la forêt, c’est glissant, mon pas asymétrique est bon, je grimpe et j’arrive au Fourgs.
Je me remémore ce domaine, car je sais que ce sont des pistes magnifiques liées au domaine de l’Auberson. En effet il y est 16 heures la neige est de nouveau dur et cela glisse. C’est incroyable des descentes, des plats et j’arrive en direction du Mont des Verrières avec le dernier coucher de soleil avant la descente à pied tellement c’est raide.

itinerance traces lievres

Mes émotions et sensations après ce jour 2
Mes émotions ont passé par tous les états : - joyeux dans la montée du Poteau, c’est l’aventure ; - dépité quand la piste est glacée et que je n’arrive pas à descendre ; -enthousiaste car les pistes des Fours me redonnent l’envie de faire du ski de fond. Réussir 25 km en deux heures après déjà 5 h de route c’est incroyable. Je termine la journée dans la nuit et j’ai réussi mon deuxième jour.
Je me suis senti en itinérance et dans le moment présent, neige, traces, marche et à m’adapter aux conditions du jour et à mes sensations, parfois étranges, réalisant que les montées sont trop difficiles avec un sac à dos et plus de 100km dans les jambes, avec un plaisir décuplé lorsque c’est plat ou descendant.

Jour 3
Que du bonheur, le patron de l’hôtel me monte aux Cernets
Par «monts et par forêts», je fonde jusqu’à la Brévine, deux chamois passent devant moi et 50 mètres plus loin ils m’attendent je leur fais signe en passant.
La météo tourne, la pluie se fait sentir or très belle arrivée à la Brévine. Il pleut et je me réfugie dans un café pour un chocolat chaud et attendre la fin de la pluie, que nenni, je prends le bus pour éviter 10 km sous la pluie.
Je monte sur la crête de Som-Martel et le soleil fait son apparition, mais la neige ne glisse plus bien. Cette crête est belle et je redescends dans la vallée de la Sagne. La lumière est éclatante je décide de monter à Tête de Ran et La Vue-des-Alpes. Une montée de 4 km et au sommet des pistes magnifiques. Le soleil est là c’est génial !
À la Vue des Alpes, après un chocolat chaud et un gâteau je décide de ne pas continuer mon itinérance, trop complexe d’arriver aux Savagnières vers 18h00, sans transport publique pour me rendre à la Chaux-de-Fonds. Je décide de redescendre par où je suis monté et prendre le train depuis la vallée de La Sagne.
Je n’ai pas tout à fait effectué les 163 km, les conditions de ce mardi n’étaient pas réunies pour y parvenir en tout sécurité. Pas de tristesse, je reviendrai faire les derniers kilomètres de cette TJS.


itinerance direction 300x225

Mes émotions et sensations après ce jour 3
Facilité pendant la première heure et demie sur les crêtes de la Brévine.
Tristesse de voir cette pluie ralentir mon rythme et rendre la neige non glissante qui me font sentir un peu de découragement.
Réjouissance de voir le soleil revenir sur la montée de Som-Martel,
Heureux de mon choix de poursuivre mon aventure et toute connaissance de cause et effectuer la montée de 4km sur La Vue-des-Alpes avec un magnifique panorama, je monte avec plaisir, je m’hydrate, je mange et bois un verre au col.
Je prends conscience que j’ai oublié de manger plus régulièrement dans un tel effort. Enthousiasme car comme j’ai plein d’énergie, je fais 10 km jusqu’à une gare tout en skating et équilibre pour prendre le train et avec le soleil couchant.

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